Rétrospective 2025 : une première année dans les étoiles

Rétrospective 2025 : une première année dans les étoiles

Astronomie

Prologue

J'ai toujours été attiré par tout ce qui touche à l'espace. Je suis tombé dedans assez jeune grâce à mon oncle qui, un soir, a sorti son télescope après que je me sois émerveillé devant une photo de l’éclipse d’août 1999 qu’il avait réalisée. Ce soir-là, nous avons commencé par la Lune : cible facile mais toujours impressionnante. Voir de près les cratères et les mers lunaires à travers un instrument, ça marque.

Très vite, il m’a offert un petit télescope, du genre qu’on trouvait chez “Nature & Découvertes”. Pas exceptionnel, mais largement suffisant pour observer la Lune depuis chez moi.

Avec le temps, mon oncle a amélioré son matériel, peut-être aussi parce que son neveu devenait accro. Et à partir de là, nous avons pu observer Saturne et ses anneaux, Jupiter et ses lunes, un peu Mars aussi. Ce qui jusque-là n’était que des points brillants dans le ciel devenait soudain réel. Certes moins détaillé que dans les livres, mais c’était là, sous nos yeux, en direct depuis le jardin.

Puis les années ont passé. Son décès, le lycée, la fac, le travail, la famille… la passion est restée dans un coin de ma tête, mais je n’avais plus vraiment le temps. Je me contentais de vidéos et d’actualités. Jusqu’à ce que 2025 arrive.

Janvier - mars : la rechute

Rien de particulier en janvier 2025, une nouvelle année classique. Puis un jour, en me perdant sur YouTube, surgit de nulle part une vieille vidéo d’Amixem : celle sur le Stellina de Vaonis de 2018. Je regarde, je vais sur le site de Vaonis… et douche froide : 1600€ le télescope.

Je voulais bien m’y remettre sérieusement, mais pas en claquant 1600€ d’entrée. En me baladant sur leur site, je vois qu'ils proposaient aussi le Hestia, bien plus abordable. Je trouve une promo chez un revendeur, je commande, il arrive 48h plus tard… et par chance, ciel parfaitement dégagé. Test immédiat !

Ma première photo de Mars : Hestia + iPhone 15

Ma première photo de la Lune : Hestia + iPhone 15

Plutôt pas mal pour un début ! Même si deux heures dehors, c’est court, Mars a été une vraie galère. Le Hestia repose sur le smartphone : on pose l’appareil sur un trépied, on place le téléphone dessus, on lance l’app qui analyse le ciel pour guider la visée. Pour la Lune, facile. Pour Mars… beaucoup moins. Il faut viser grossièrement, augmenter l’exposition, espérer qu’assez d’étoiles soient détectées, et prier que l’application arrive à se repérer et à nous guider.

L’app prend ensuite 30 photos d’une seconde qu’elle empile. Impossible d’aller beaucoup plus loin sans suivi motorisé : au-delà, les étoiles s’étirent. Mais j’étais déjà super content : je retrouvais l’observation, et surtout… je voyais pour la première fois du ciel profond. Et forcément : j’en voulais plus.

Le Soleil, avec un petit filtre maison imprimé en 3D.

Première pleine Lune

NGC 869

M42

On le voit déjà sur ces images : la qualité dépend énormément du smartphone et les traînées d’étoiles apparaissent vite. Mais peu importe : je voyais enfin du ciel profond. Et ça m’a donné envie de monter d’un cran.

Mars - juillet

On joue en mode alt/az

En parallèle, je continue de regarder quel setup pourrait me permettre d’allier observation et photo, avec plus de détails. Mais forcément, ça chiffre vite :

  • Tube optique : 400–500€
  • Monture Alt/Az ou équatoriale : ~500€ pour Alt/Az, 1000–1200€ pour une EQ motorisée
  • Caméra ciel profond : ~800–1000€

Bref : encore un hobby coûteux
Je décide donc de rester raisonnable. Et là, je tombe sur le Seestar S30 : télescope intelligent pensé pour l’astrophoto ciel profond, à un tarif beaucoup plus accessible. Je craque. Il arrive fin mars, la veille d’une éclipse partielle.

Éclipse partielle du 29 mars 2025 – capture extraite d'une vidéo faite avec le S30

Première claque. Non seulement c’était ma première éclipse, mais le résultat m’a bluffé. Et la suite a été tout aussi réjouissante :

Lune

M81

Comme un gosse. Les premières captures étaient en Alt/Az, donc poses courtes (10–20s). Les traitements restaient simples, principalement débruitage intégré.

L’arrivée du mode EQ

En avril, ZWO active le mode EQ. Meilleur suivi, vraie compensation de rotation terrestre.
Entre-temps, je m’étais plongé dans des vidéos d’astrophoto : temps de pose, stacking, tri, Siril, Photoshop… et là j’ai compris : l'astrophoto, c'est très dense. J’en apprend les principe de base, mais je monte en niveau.

Finies les sessions rapides : chaque cible demande désormais plusieurs soirées, des dizaines (voire centaines) de poses, tri, empilement, traitement. Et le plaisir n’en est que plus grand.

M101

Juillet - septembre : le planétaire

Le S30 excelle sur le ciel profond, mais il est la ramasse pour le planétaire. Je voulais retrouver l’observation “à l’œil”, voir du détail.

Je trouve un Bresser Messier 127/1900 d’occasion près de chez moi, et une Skywatcher AZ-GTi pour le suivi (parfaite pour l’observation et le lucky imaging).

BM 127/1900 sur AZGTi

Retour en enfance. Détails incroyables sur la Lune, Saturne et son anneau enfin visibles, et je me régale.
En août, je craque pour une caméra planétaire ZWO ASI 662MC. Beaucoup de galères au début… mais en septembre, première (petite) victoire :

Première photo planétaire

Depuis septembre : pas grand-chose… mais M31 quand même

La fin d’année a été compliquée : très peu de nuits dégagées. Seulement six soirées exploitables en octobre, que j’ai presque toutes consacrées à M31.
Si ça vous intéresse, j’en parle plus en détail ici : article Andromède.

Quelle suite en 2026 ?

Je veux aller encore plus loin. La sortie du S30 Pro et sa 4K devraient permettre d’obtenir encore de plus belles images de ciel profond. À moyen terme (peut-être 2027), j’aimerais construire un vrai setup astrophoto avec lunette et caméra dédiée, mais avec le S30/S30 Pro, ce n’est pas une priorité immédiate.

Pour 2026, l’objectif principal sera le planétaire. Jupiter arrive, et je veux une vraie belle Saturne. Une monture type HEQ5 Pro finira probablement par rejoindre la famille.

En attendant, n’hésitez pas à jeter un œil à la galerie astro pour suivre la suite !