1999
Je vous ai déjà parlé dans ma rétrospective 2025 de la photo de l'éclipse de 1999 qui trônait chez mon oncle, de mon envie d'en voir une de mes propres yeux.
Y a bien eu la partielle de mars 2025, mais là, cette année, j'avais l'occasion d'en voir une totale, enfin presque : elle serait à 97,5 %, ce qui est déjà mieux que les 30 % de l'an passé.
Et devinez quoi ? J'ai fini par faire l'acquisition du Seestar S30 Pro, l'occasion parfaite pour le tester !
L'éclipse de ma terrasse
La préparation
97,5 %. C'est pas mal pour déjà avoir une bonne éclipse très sympa à regarder, comme en témoignait l'engouement général en France, avec au moins un sujet chaque jour aux infos pendant deux semaines et la pénurie de lunettes spéciales quelques jours avant.
En France, on n'allait pas avoir la chance d'avoir une éclipse totale ; pour ça, il aurait fallu aller en Espagne.
Seulement voilà, j'avais un problème : LE PRIX DES HÔTELS ! Jusqu'à plusieurs centaines d'euros pour une nuit dans la bande de totalité. Tant pis, j'allais devoir me contenter des 97,5 % depuis Bordeaux.
Pour le reste, je suis bon : j'ai mon smart télescope, mon Maksutov 127 avec son filtre solaire pour le visuel et, bien sûr, une paire de lunettes spéciales.
Sur Bordeaux, le premier contact est prévu pour 19 h 29, la « totalité » à 20 h 24 et la fin à 21 h 16. Du coup, ça pose un autre problème : l'éclipse se fera au moment du coucher du Soleil, bas sur l'horizon (environ 7°), et depuis ma terrasse, pile dans l'axe de l'éclipse, j'ai la base marine.
Je grimace un peu parce que je n'avais pas anticipé, je me voyais plus haut que ça. Je checke sur Stellarium et ouf... la (quasi-)totalité sera visible sans obstruction, mais le Soleil sera caché quelques minutes après derrière la grosse bâtisse en béton.
L'éclipse
Je suis prêt à 19 h 12 précisément, plus que quelques minutes avant le début, et je passe mon temps à checker en boucle le Seestar et le Mak127. Je vérifie qu'ils sont toujours bien pointés, que le suivi est OK et... je tourne en rond.
Une petite minute avant le début, je fais une ultime vérification, je lance la timeline sur le Seestar et je colle mon œil à l'oculaire en attendant. Et soudainement, pile à l'heure, elle était là.
Le petit arc de cercle noir sur la droite, c'est la Lune qui commence à occulter le Soleil : le premier contact, appelé C1. À ce moment, j'esquisse un sourire, je suis content. Ça ne se voit pas sur la photo du Seestar, mais à travers le Mak127, de légers reliefs étaient visibles sur les bords ; c'était assez impressionnant.
Le temps jusqu'au maximum, je le passe à enregistrer des photos, à coller mon œil sur l'oculaire. Je passe mon temps à sourire comme un gosse.
À quelques instants du maximum, une légère baisse de température très agréable se fait ressentir — il faisait 32 °C — ainsi qu'une légère baisse de luminosité. Et là encore, pile à l'heure prévue...
Les fameux 97,5 % ! Je profite des un peu plus de 60 secondes pour mettre mes lunettes spéciales et regarder en direct. C'est moins impressionnant qu'à travers le tube — un petit arc de cercle orangé — mais ça reste impressionnant.
À peine le temps de profiter que la Lune poursuit son chemin, la température remonte, la luminosité revient.
Je profite encore quelques instants et le Soleil finit par disparaître assez vite derrière la base marine. Je finis alors par remballer mon matériel. À peine rentré, je vérifie et retravaille la timeline.
La stabilisation a un peu foiré sur la fin (j'ai dû passer trop près du télescope et provoquer des vibrations).
Mais c'est quoi, une éclipse ?
Je ne pouvais pas parler de l'éclipse sans faire un petit encart en plus sur ce qu'est une éclipse et ses mécanismes.
Qu’est-ce qu’une éclipse ?
Une éclipse se produit lorsque le Soleil, la Terre et la Lune s’alignent presque parfaitement. Selon l’astre qui se trouve au milieu, on observe une éclipse solaire ou une éclipse lunaire.
Le 12 août 2026, on était donc sur une éclipse totale de Soleil en Espagne et partielle chez nous, en France.
Le mécanisme d’une éclipse solaire
Lors d’une éclipse solaire, la Lune passe entre la Terre et le Soleil, à la nouvelle Lune. Son ombre se projette alors sur notre planète :
- Dans l’ombre (ou ombre centrale), le Soleil est entièrement caché : c’est l’éclipse totale (comme en Espagne).
- Dans la pénombre, seule une partie du Soleil est occultée : c’est l’éclipse partielle (comme en France).
- Si la Lune paraît légèrement trop petite pour recouvrir totalement le Soleil, un anneau lumineux demeure visible : c’est une éclipse annulaire (aussi appelée « anneau de feu »).
Les éclipses ne se produisent pas à chaque nouvelle Lune : l’orbite de la Lune est inclinée d’environ 5° par rapport au plan de l’orbite terrestre, donc, la plupart du temps, son ombre passe au-dessus ou au-dessous de la Terre.
À retenir : le Soleil est environ 400 fois plus large que la Lune, mais aussi environ 400 fois plus éloigné. Cette coïncidence de taille apparente permet les éclipses totales.
Les quatre contacts : C1, C2, C3 et C4
Les astronomes décrivent le déroulement d’une éclipse solaire à l’aide de quatre instants précis, appelés contacts. Ils correspondent aux moments où les bords apparents de la Lune et du Soleil se rencontrent.
C1 — le début de l’éclipse partielle
Au premier contact, la Lune commence à « mordre » le bord du Soleil (cf. la première photo de l'éclipse). L’éclipse partielle débute : avec des lunettes adaptées, le disque solaire apparaît progressivement entamé — on dirait un peu un Pac-Man.
C2 — le début de la totalité
Au deuxième contact, la Lune recouvre entièrement le Soleil. Pour les observateurs placés dans la bande de totalité, la nuit semble tomber en plein jour et la couronne solaire devient visible.
Pendant la phase de totalité, il est possible de retirer les lunettes et de regarder directement l'éclipse.
C3 — la fin de la totalité
Au troisième contact, le premier éclat du Soleil réapparaît derrière la Lune. La totalité est terminée : c'est là qu'il faut remettre ses petites lunettes d’éclipse.
C4 — la fin de l’éclipse partielle
Au quatrième contact, la Lune quitte complètement le disque solaire. L’éclipse est terminée.
Les horaires de C1 à C4 varient selon le lieu d’observation. Hors de la bande de totalité, C2 et C3 n’existent pas : en France, on n'avait donc qu'un C1 et un C4.
Sécurité : il ne faut jamais regarder le Soleil directement, même lors d’une éclipse partielle. Utilisez uniquement des lunettes certifiées ISO 12312-2 ou un filtre solaire conçu pour l’observation. La seule exception est la très brève phase de totalité, lorsque le Soleil est entièrement recouvert.
Et les éclipses lunaires ?
Une éclipse lunaire suit la géométrie inverse : la Terre se place entre le Soleil et la Lune, lors d’une pleine Lune. C’est alors l’ombre de la Terre qui recouvre progressivement la Lune.
On distingue trois principaux types d’éclipses lunaires :
- Pénombrale : la Lune traverse la pénombre terrestre ; son assombrissement est discret.
- Partielle : une partie de la Lune entre dans l’ombre centrale de la Terre.
- Totale : toute la Lune pénètre dans l’ombre terrestre.
Lors d’une éclipse lunaire totale, la Lune ne disparaît pas complètement : elle prend souvent une couleur cuivrée ou rougeâtre. La lumière du Soleil traverse l’atmosphère terrestre, qui diffuse davantage les couleurs bleues et laisse passer les teintes rouges vers la Lune.
Contrairement à une éclipse solaire, une éclipse lunaire est visible depuis toute la moitié nocturne de la Terre et peut être observée sans protection oculaire particulière. Et ces éclipses sont plus fréquentes qu'une éclipse solaire !
Les prochaines éclipses
Deux autres éclipses partielles seront visibles en France jusqu'en 2028 !
- 2 août 2027 : nouvelle éclipse partielle de Soleil visible en France ; la totalité concernera surtout l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient.
- 26 janvier 2028 : éclipse partielle de Soleil observable en fin de journée depuis une partie du pays.
J’accompagne les équipes sur ce type de découpe, en audit court ou en mission longue.
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